Le Monde : tribune de Guillaume Duval
- La Rédaction
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 18 heures
Selon Guillaume Duval : « la baisse de la natalité peut nous aider à résoudre quelques graves difficultés que connaît la France.» Lire le début de l'article sur Le Monde
... et sa fin ci-dessous :

... « Pourquoi fait-on moins de bébés ? Les causes sont multiples : difficultés à se loger, à combiner éducation des jeunes enfants et activité professionnelle, désir de profiter davantage de sa vie et de son temps, inquiétude pour l’avenir du pays et de la planète… sans qu’il soit possible de quantifier précisément chacun de ces facteurs. On sait aussi que partout les politiques publiques natalistes, même très volontaristes, n’ont en réalité qu’un effet marginal sur ces tendances lourdes.
Cette évolution est par ailleurs très positive sur le plan écologique. Quand je suis né, en 1957, il y avait 2,7 milliards d’êtres humains sur la Terre. Il y en a aujourd’hui 8,1, exactement trois fois plus. Et ils rêvent tous – et c’est tout à fait normal – de pouvoir un jour consommer autant que nous. Même s’il y a encore de très fortes inégalités à ce niveau, la croissance démographique massive des dernières décennies entretient clairement un rapport étroit avec la forte dégradation de l’environnement qu’on a observée parallèlement à l’explosion des émissions de gaz à effet de serre, l’effondrement de la biodiversité, la déforestation, la dégradation des sols, la raréfaction de l’eau douce, la pollution plastique et chimique… qui menacent de rendre la planète inhabitable.
Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et si cette croissance démographique doit s’arrêter, mieux vaut que cela passe par une diminution du nombre des naissances plutôt que par les guerres et les épidémies qui ne manqueraient pas de se multiplier sur une planète qui ne peut plus supporter des humains trop nombreux qui la détruisent.
Par ailleurs, sur le plan national, cette évolution devrait aider à détendre assez rapidement la situation du marché du logement, ce qui est un des principaux problèmes que connaît aujourd’hui le pays. C’est à la fois un problème social – pour la jeunesse – et économique puisque le coût trop élevé du foncier, qui résulte de ces tensions, affecte la compétitivité des entreprises du pays. Cette situation peut se dénouer sans qu’on ait à artificialiser davantage encore le territoire.
La baisse de la démographie devrait aussi nous aider à résoudre une autre des plus graves difficultés que connaît le pays actuellement : la mauvaise qualité et le caractère profondément inégalitaire de notre système éducatif. Avec la baisse du nombre d’enfants, on va pouvoir s’attaquer à ce problème sans avoir besoin d’accroître les dépenses publiques dans un contexte très tendu sur ce plan.»


Commentaires